dimanche, novembre 06, 2005

LA FAMILLE S’AGRANDIT ….


Dés 1937, ARGUS lançait une évolution du modèle A. Ce fut l’AF. 



Ceci pour corriger un manque évident du A, à savoir la mise au point. Cela rapprochait (un peu) l’appareil de son modèle, à savoir le Leica I.
Une monture permettant la mise au point de 45 cm à l’infini était donc montée sur l’appareil, par ailleurs identique à son prédécesseur. Il fut fabriqué durant deux ans.
Le modèle B, qui n’existât qu’en 1937, n’était différent que par son objectif, un 50 mm f:/2.9, fabriqué en France par Gauthier. L’optique était montée sur un obturateur Allemand Prontor II offrant 8 vitesses et même, un retardateur. Une mise au point équipait l’ensemble. Il en fût fabriqué moins de 1000, ce qui fait de lui, l’un des plus rares appareils de la marque.

L'Argus Type "C" :


1938 est une année à retenir dans cette histoire. En effet, IRC présentât le modèle C. Dessiné par Gustave Fassin, comme le A, il allait changer le paysage photographique Américain. On peut dire qu’il est le plus populaire de tous les appareils photographiques Américains. Si l’Argus A fût « l’écho » du Leica, le modèle C fût celui d’un autre appareil Allemand.

Cliquez sur ce lien : http://www.cameraquest.com/zconrf1.htm , pour connaître celui qui inspirât le fameux « C » !

C’est une évidence, n’est-ce pas ? L'origine de Gustave Fassin explique-t-elle cette influence ?
Un article du mois de mai du magazine « Everyday Photography » le présentait
comme : « le plus sensationnel appareil de l’année… Une pièce maîtresse de par sa construction et sa technologie. De plus un appareil 100% Américain ».
Constitué d’un « noyau » massif de bakélite recouvert à l’avant et à l’arrière par deux plaques métalliques, constituant façade et dos, il était extrêmement solide. Son poids, important et sa forme lui valurent le surnom de « brick », qu’il gardera tout au long de sa carrière de 27 ans !

Pour un prix plus que raisonnable de 25 US$ (comparé aux 168 US$ de l’Allemand dont il était l’écho) il offrait de nombreuses possibilités pour le photographe passionné. Il était doté d’un télémètre, non couplé à l’objectif, l’opérateur devait déterminer la distance par superposition de l’image, puis la reporter sur l’objectif.
L’autre innovation était l’obturateur monté dans le boîtier, couvrant les vitesses 1/5ème s à 1/300ème s, plus pose B. Les optiques étaient de ce fait, plus simples et moins chères. La première version comportait en façade un commutateur permettant de sélectionner les vitesses basses et hautes. Celles-ci étaient gravées concentriquement sur le sélecteur de vitesses. L’objectif était un 50mm f:/3.5, interchangeable. Notons toutefois qu’aucun autre objectif ne fut disponible avant le début des années 50 ! Si ce n’est l’anecdotique Bausch & Lomb 75mm f:/5.6, qui coûtait 150% le prix du C !
Les sociétés Bausch & Lomb, Ilex et Graf fournissaient les 50mm pour le modèle C, jusqu’à ce qu’IRC ne rachète Graf en 1938 pour devenir fabriquant de ses propres objectifs.
Environ 1000 exemplaires de ce modèle furent envoyés au revendeurs pour qu’ils les « testent » sur la clientèle, avec l’ordre de ne pas les vendre ! Ce fut un succès, à quelques détails prés dont le sélecteur de vitesse qui compliquait la manipulation et compromettait la fiabilité. IRC redessina le mécanisme
d’obturateur et supprima le levier sur une deuxième version.
A la mi-1938 la production de la deuxième version était à son maximum et les revendeurs purent vendre les premiers 1000 exemplaires. Ils sont désormais rarissimes ! La deuxième version fut produite jusqu’en 1939.



Vers la fin de l’année 1938, IRC introduisit son C2.




Pratiquement identique au C, il présentait extérieurement un mécanisme couplant le télémètre à l’objectif. Un
couvercle métallique avait été ajouté sur le capot du télémètre, afin de le rigidifier (le C souffrait d’un décalage du télémètre chronique). A part cela tout était pareil. Il gardait les 10 vitesses, le déclencheur « champignon », le levier d’armement chromé, le compteur de vues métallique, le dos vissé à l’aide de 10 vis et ses trois bandes de « cuirette ».



A cette période, Charles Verschoor, décidément plus habile en marketing qu’en gestion financière, fût « débarqué » de son poste par les autres actionnaires. En effet, malgré les rentrées d’argent importantes générées par le succès des Argus A et C, l’argent manquait toujours à Ann Arbor !
Robert D.Hoxse, l’un des autres fondateurs, fut promu président d’IRC. Charles Verschoor pris la direction de la « Electronic Products Manufacturing Corporation », établie aussi à Ann Harbor.
En 1939, IRC introduisit sa deuxième version de C2. Le déclencheur changea de forme pour adopter celle « à étages », les vitesses passèrent de 10 à 7 avec l’élimination des 1/5, 1/75 et 1/150ème s. Le dos garda ses trois bandes de cuirette, mais fut doté d’un disque mémo, permettant d’afficher la sensibilité du film utilisé. Cette sensibilité étaient exprimée en degrés Weston, qui restaient encore pour quelques années, la référence. Les fenêtres de visée et du télémètre étaient toujours cerclées de métal.
Cette même année vit apparaître le C3, encore une évolution du C…



Cette fois cet appareils simple, quoique évolué pour l’époque devint la signature d’IRC, et établit définitivement sa réputation.
Le C3 était virtuellement identique au C2, sauf qu’il était doté d’une synchronisation pour permettre les photos au flash. Il fut vendu 30 US$ avec son flash dédié. Durant les 27 années qui suivirent, il fut l’appareil le plus vendu aux U.S.A., avec presque 3 millions d’exemplaires !
Plusieurs évolutions verront le jour, sans altérer vraiment l’idée de départ. C’est ce que nous verrons une prochaine fois….