LA GENERATION SUIVANTE ....
Trois modèles représentent la génération suivante. C'est d'ailleurs un virage technologique et esthétique, pris par la société. Passant du boitier en bakélite moulée du A, à une forme plus encore inspirée du Leica, en métal, tout en rondeur.
En étudiant de plus prés la production à ce moment là, Il semble en effet, que Internation Research Corporation voulait suivre deux pistes bien différentes.
D'une part les appareils se faisant l'écho du Leica I, représentés par le modèle A et ses déclinaisons, ainsi que par les modèles A3, CC et C21, C4, C44, et, d'autre part, par la lignée inspirée du Contax I, à savoir les modèles C, C2, C3, C33 et autres Autronics.
C'est ainsi que je perçois la production de la marque, deux catégories d'appareils, bien différentes, dont les appélations sont quelquefois troublantes (C21 issu des A ...).
Aprés avoir vu les différentes variantes du C3, nous allons voir ici les trois premiers modèles illustrant cette nouvelle génération.
Les deux premiers, lancés en même temps, juste avant que les Etats-Unis n'entrent en guerre, furent les premiers appareils Argus tout en métal. Aucun ne devaient survivre au conflit. Le troisième, héritat de l'expérience d'Argus durant la guerre, lors de la fabrication de matériel militaire.
Argus CC, ColorCamera (1940-1942) :

Cet appareil, vendu 25 $, fut présenté comme " un appareil entièrement nouveau et révolutionnaire, spécialement conçu pour la photographie en couleur"...
Il se distinguait clairement du modèle A d'origine, en renonçant à la bakélite, en adoptant un chassis en métal moulé, recouvert de simili-cuir. Mais, comme mentionné plus haut, en s'inspirant toujours, et même plus encore, du Leica I. Les parties métalliques visibles étaient joliment satinées. L'ensemble de l'appareil adoptait la ligne "streamline" (que l'on pourrait traduire par "fluide"), trés en vogue à l'époque, dont même les locomotives à vapeur étaient dotées . Raymond Loewy, à qui l'on doit, entres-autres, l'Ansco vert et gris, était un maitre du style, mais c'est une autre histoire ....
Pour conserver ce style, le CC adopta des boutons de rembobinage parfaitement intégré à la carrosserie, mais redoutables pour les ongles !
L'objectif était un triplet 50 mm, ouvrant à f:/4. Le principe de l'objectif rétractable est hérité de l'Argus A, la mise au point s'effectuant à l'aide d'une commande latérale. L'obturateur central, dans l'objecetif, offrait des vitesses du 1/25 s au 1/150 s, plus les poses B et T. Il n'était pas synchronisé avec l'avancement du film.
La force de ce modèle était une cellule photoélectrique, visée sur l'appareil. Elle était fabriquée par une "grande marque nationale" comme disais la documentation, sans plus de détail...
L'aiguille pointait vers un numéro, qu'il suffisait de reporter sur le disque "calculateur", ornant le dos. Les ouvertures et vitesses étaient indiquées en regard de repères, en fonction de la sensibilité. Les films couleurs de l'époque ayant besoin d'une exposition plus préçise que leurs frères noir & blanc, elle était l'argument de vente et la raison de son nom.
Une version militaire, noire, équipé d'un objectif ouvrant à f:/4.5, était livré sans cellule. Inutile de dire que celle-ci est introuvable aujourd'hui.
Argus A3 (1940-1942):
Ce modèle était identique au précédent, sans la cellule photoélectrique, mais seulement avec cellule à extinction. Finalement, sans cette cellule, la ligne était encore plus élégante, beaucoup plus proche du style steamline !
Le viseur était décalé, de manière à laisser la place à une griffe porte-accessoire. Vendu seulement 15 $, il était une alternative "bon marché" au CC.
Argus 21, Markfinder (1947-1952) :
Ce troisième appareil utilisait le corps des deux premiers, mais bénéficiait des technologies développées par Argus lors de la guerre, en fabriquant du matériel militaire. En particulier les dispositifs de visée. C'est ainsi que le viseur comportait un cadre et d'une croix en surbrillance, sensé aider à la composition.
Quant à l'objectif, un 50 mm F:/3.5, il était dévissable. Non pas interchangeable, car aucun autre ne fut jamais fabriqué. Il pouvait en fait équiper les agrandisseurs, qu'Argus fabriquait aussi. De quoi faire l'économie d'un objectif en somme.
L'obturateur délivrait 5 vitesses, plus la pose. Il était du type "à lamelle", et disposé derrière l'objectif, comme le C3, bien que le système d'actionnement était complètement différent. Il fut aussi le premier Argus à disposer d'un verrouillage du déclenchement, couplé à l'avancement du film, pour éviter les doubles expositions.
Il inaugurat le système "Colormatic", permettant, en choisissant des repères de couleur pour les vitesse/ouverture/distance, d'avoir un réglage adéquat. Par exemple les réglages à f:/8, 1/100 s et 15 pieds, repérés en rouge permettaient une exposition correcte par un jour ensoleillé... Ce système fut étendu à tous les autres modèles suivant, C3, C4, C Twenty etc ...
Il n'y avait pas de télémètre (comme dans les CC et A3). Synchronisé pour les ampoules moyennes (M) et rapides (F, pour Fast).
Environ 65000 Modèles 21 furent fabriqués. Sur les premiers 20000, le cabestan entrainant le compteur n'était pas couplé à la bobine réceptrice, ce qui rendait l'armement difficile, surtout en fin de bobine. Les derniers furent équipés d'un couplage. Quant à la synchronisation du flash, les 60000 premiers disposaient d'un sélecteur M/F placé sur le dessus de l'appareil, alors que les suivant l'avaient sur l'arrière du capot. C'est d'ailleurs à cet endroit qu'il était placé sur le modèle C4 qui vint par la suite....
Un détail interessant. Le dos du CC avait sa cuirette découpée pour recevoir le disque calculateur. Sur le 21, cet emplacement était toujours là, recouvert d'un cercle de cuirette noire ! Le dos du CC continua donc sa carrière à l'arrière des autres !!!



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