LES AUTRES "C" :
La production d'appareils métalliques ne cessa pas avec l'arrêt du C-21, bien au contraire.
La société se mit à produire des appareils de grande qualité, en gardant le préfixe « C », tout en étant éloigné des C2 et C3, conformément aux deux routes suivie par IRC.
Bien que basés sur le même design, ces nouveaux appareils étaient des CC, A-3 et C-21 profondément repensés.
Ils ne signèrent pas l'arrêt de mort des C3, ceux-ci continuant à être au catalogue, et encore pour longtemps !
Si l'Argus A avait été l'écho du Leica I, on peut penser que ces nouveaux appareils se faisait celui des Leica M. Même si l'Argus C4 fut lancé en 1951, soit trois ans avant le Leica M-3, seuls les plus ardents fans de la marque Argus peuvent espérer que l'Allemand s'inspira de l'Américain...
Deux autres appareils sont intégrés dans cette nouvelle série de C, bien que totalement différents. Ils pourraient passer pour les réprésentants d'une troisième voie d'appareil, mais ils resteront sans suite. Une voie sans issue, peut-être...
ARGUS C4 (1951-1957)
Il est peut-être le meilleur appareil jamais fabriqué par Argus. En terme de ventes, il vient derrière le C3, plutôt loin, d'ailleurs. Rappelons que près de 3 millions de C3 furent vendus, contre 300.000 C4 !!
Le C4 était doté d'un télémètre, couplé, dans un seul viseur, structure en aluminium injecté, comme les CC, A-3, C-21. C'est celui qui offrait le plus de « gadgets » sur le marché Américain, en ce début des années 50. Plutôt joli, agréable en main, facile à utiliser et offrant de très bon résultats.
Son objectif de 50 mm ouvrant à 2.8 était traité multi-couches, l'obturateur à 5 vitesses était situé derrière l'optique, et était armé en même temps que le film était avancé. De plus un système empêchait la sur-impression. Son prix de lancement était de 99.50 US$. L'étui et le flash étaient en option.
Le mécanisme de mise au point ressemblait à celui du C3, mais il n'y avait que deux engrenages, au lieu de trois. Comme les roues dentées avaient une grosse différence de diamètre, la mise au point était un peu difficile. Le moyen de contourner cela était de faire le point directement en tournant l'opjectif !
Comme le C3, ce modèle connut de nombreuses variantes, que nous allons essayer de passer en revue...
Variante 1 :
Cette première mouture se reconnaît, d'un coup d'oeil, aux boutons d'armement et rembobinage, au sélecteur de vitesses et au barillet de l'objectif. Ils sont dotés de grosses rainures. Le dos est toujours celui des CC et A-3 , avec un empiècement de cuir à la place du disque calculateur. Le viseur est rond, comme sur le C-21. Les vitesses disponibles sont 1/10, 1/25, 1/50, 1/100, 1/200 plus la poseB.
Le verrouillage du dos, au dessous, est le même que le C-21, en forme de papillon.
Variante 2 :
De face, pas de différence avec la première. De dos, on remarque le viseur devenu rectangulaire et le dos, cette fois en une seule pièce. Toutes les autres caractéristiques sont identiques.
Variante 3 :
Cette fois le rainurage des commandes est très fin, la vitesse la plus élevée est 1/300.
Variante 4 :
Cette version apporte le codage « Colormatic » sur l'objectif et le sélecteur de vitesse. Le sélecteur de la synchronisation passe des paramètres M/F (Medium/Fast) à M/X (Médium/Electronic). Le verrouillage du dos devient rectangulaire avec trois fentes.
Variante 5 (1958):
La dernière variante du C4, appelée C-4R, il était différent de la variante 4 par la présence d'un levier d'armement à la place du bouton rond. R étant pour « Rapid ».
Il était prévu pour utiliser la cellule CM-2, du modèle C-33.
Vendu seulement une année, puisque concurrencé par le C-44, qui lui, offrait les objectifs interchangeables.
Notons toutefois que deux ans avant, une version du C4 existait avec objectifs interchangeables, C4 modifiés par Geiss America. Cela fera l'objet d'un prochain article .
Le mystère du C4 Noir :
Au chapitre des mystères Argus (nombreux !), il est question d'un modèle de C4 anodisé noir au lieu de chromé. Seulement 5 exemplaires sont connus, faisant de lui LE plus rare des Argus jamais contruits. Bien qu'il paraisse évident qu'ils n'ont jamais été produits à la chaine, rien ne permet de dire combien ont été fabriqués...
Parmi l'une des raisons de leur existence, on parle beaucoup de contrats avec l'armée. Ce n'est pas vérifiable. Cependant, n'oublions pas qu'à l'époque, de nombreux télémétriques étaient importés en noir... Cela pourrait donc être une tentative d'Argus pour occuper le marché sur ce créneau porteur ?
Un exemplaire noir est exposé au musée Argus situé à Ann Arbor....
A suivre ....



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