dimanche, février 19, 2006

LE "A-FOUR" , POURQUOI "A" ?

Avec la présentation du modèle A-Four en 1953, au Salon de Chicago, Argus montrait qu'il voulait être aussi un acteur sur un secteur d'appareils plus populaires et moins sophistiqués que leur production habituelle.
Il utilisait le préfixe A, bien qu'il ne présentait aucune ressemblance avec le type A d'origine !




Ce modèle et le C-Twenty sont les deux appareils n'ayant pas été baptisés logiquement. C'est ce que l'on pourrait appeler la « troisième voie »...

Kodak avait présenté le Pony 135 en 1950. Le Pony était un appareil basique, en plastique (bakélite ?) moulé équipé d'un 44 mm, f:3.5 sur un obturateur à quatres vitesses. Pouvant recevoir un flash standart, il avait un viseur optique confortable et une mise au point. Il se vendait plutôt bien.

Le A-Four pourrait être la réponse d'Argus à ce Pony. Les articles de presse de l'époque déclaraient que le A-Four « était le fruit de deux ans de recherches, et d'étude du marché, montrant la demande pour un appareil bon marché en format 35 mm ».

Harley Earl dessina l'appareil, équipé d'un dos entièrement amovible. Ce designer très productif dessina aussi la Corvette et même de grosses locomotives diesel...

Vendu 39.50 $, avec en option son étui à 5.75 $ et le flash à 4.25 $, il se positionnait bien par rapport au Pony, vendu 34.75 $ lors de son lancement.

Equipé aussi d'un 44mm f:3.5, traité, fermant jusqu'à 22. L'obturateur offrait aussi quatres vitesses, culminant à 1/200, plus la pose B.
Le système « Colormatic était aussi parmi ses caractéristiques, ainsi que viseur optique et mise au point.
Les derniers modèles eurent les vitesses remplacées par des repères de couleurs, correspondants à Flash, Couleur, et noir & Blanc.
La connexion du flash était du même type que celle de l'Argus FA.

Il fut vendu jusqu'en 1956, cédant la place au C-Twenty.




Les accessoires et documentations :

















LES AUTRES "C" :

La production d'appareils métalliques ne cessa pas avec l'arrêt du C-21, bien au contraire.

La société se mit à produire des appareils de grande qualité, en gardant le préfixe « C », tout en étant éloigné des C2 et C3, conformément aux deux routes suivie par IRC.

Bien que basés sur le même design, ces nouveaux appareils étaient des CC, A-3 et C-21 profondément repensés.

Ils ne signèrent pas l'arrêt de mort des C3, ceux-ci continuant à être au catalogue, et encore pour longtemps !

Si l'Argus A avait été l'écho du Leica I, on peut penser que ces nouveaux appareils se faisait celui des Leica M. Même si l'Argus C4 fut lancé en 1951, soit trois ans avant le Leica M-3, seuls les plus ardents fans de la marque Argus peuvent espérer que l'Allemand s'inspira de l'Américain...

Deux autres appareils sont intégrés dans cette nouvelle série de C, bien que totalement différents. Ils pourraient passer pour les réprésentants d'une troisième voie d'appareil, mais ils resteront sans suite. Une voie sans issue, peut-être...


ARGUS C4 (1951-1957)

Il est peut-être le meilleur appareil jamais fabriqué par Argus. En terme de ventes, il vient derrière le C3, plutôt loin, d'ailleurs. Rappelons que près de 3 millions de C3 furent vendus, contre 300.000 C4 !!

Le C4 était doté d'un télémètre, couplé, dans un seul viseur, structure en aluminium injecté, comme les CC, A-3, C-21. C'est celui qui offrait le plus de « gadgets » sur le marché Américain, en ce début des années 50. Plutôt joli, agréable en main, facile à utiliser et offrant de très bon résultats.

Son objectif de 50 mm ouvrant à 2.8 était traité multi-couches, l'obturateur à 5 vitesses était situé derrière l'optique, et était armé en même temps que le film était avancé. De plus un système empêchait la sur-impression. Son prix de lancement était de 99.50 US$. L'étui et le flash étaient en option.

Le mécanisme de mise au point ressemblait à celui du C3, mais il n'y avait que deux engrenages, au lieu de trois. Comme les roues dentées avaient une grosse différence de diamètre, la mise au point était un peu difficile. Le moyen de contourner cela était de faire le point directement en tournant l'opjectif !

Comme le C3, ce modèle connut de nombreuses variantes, que nous allons essayer de passer en revue...



Variante 1 :

Cette première mouture se reconnaît, d'un coup d'oeil, aux boutons d'armement et rembobinage, au sélecteur de vitesses et au barillet de l'objectif. Ils sont dotés de grosses rainures. Le dos est toujours celui des CC et A-3 , avec un empiècement de cuir à la place du disque calculateur. Le viseur est rond, comme sur le C-21. Les vitesses disponibles sont 1/10, 1/25, 1/50, 1/100, 1/200 plus la poseB.

Le verrouillage du dos, au dessous, est le même que le C-21, en forme de papillon.


Variante 2 :

De face, pas de différence avec la première. De dos, on remarque le viseur devenu rectangulaire et le dos, cette fois en une seule pièce. Toutes les autres caractéristiques sont identiques.


Variante 3 :

Cette fois le rainurage des commandes est très fin, la vitesse la plus élevée est 1/300.


Variante 4 :

Cette version apporte le codage « Colormatic » sur l'objectif et le sélecteur de vitesse. Le sélecteur de la synchronisation passe des paramètres M/F (Medium/Fast) à M/X (Médium/Electronic). Le verrouillage du dos devient rectangulaire avec trois fentes.



Variante 5 (1958):

La dernière variante du C4, appelée C-4R, il était différent de la variante 4 par la présence d'un levier d'armement à la place du bouton rond. R étant pour « Rapid ».

Il était prévu pour utiliser la cellule CM-2, du modèle C-33.

Vendu seulement une année, puisque concurrencé par le C-44, qui lui, offrait les objectifs interchangeables.

Notons toutefois que deux ans avant, une version du C4 existait avec objectifs interchangeables, C4 modifiés par Geiss America. Cela fera l'objet d'un prochain article .


Le mystère du C4 Noir :

Au chapitre des mystères Argus (nombreux !), il est question d'un modèle de C4 anodisé noir au lieu de chromé. Seulement 5 exemplaires sont connus, faisant de lui LE plus rare des Argus jamais contruits. Bien qu'il paraisse évident qu'ils n'ont jamais été produits à la chaine, rien ne permet de dire combien ont été fabriqués...

Parmi l'une des raisons de leur existence, on parle beaucoup de contrats avec l'armée. Ce n'est pas vérifiable. Cependant, n'oublions pas qu'à l'époque, de nombreux télémétriques étaient importés en noir... Cela pourrait donc être une tentative d'Argus pour occuper le marché sur ce créneau porteur ?

Un exemplaire noir est exposé au musée Argus situé à Ann Arbor....

A suivre ....


vendredi, février 17, 2006

LA GENERATION SUIVANTE ....

Trois modèles représentent la génération suivante. C'est d'ailleurs un virage technologique et esthétique, pris par la société. Passant du boitier en bakélite moulée du A, à une forme plus encore inspirée du Leica, en métal, tout en rondeur.
En étudiant de plus prés la production à ce moment là, Il semble en effet, que Internation Research Corporation voulait suivre deux pistes bien différentes.
D'une part les appareils se faisant l'écho du Leica I, représentés par le modèle A et ses déclinaisons, ainsi que par les modèles A3, CC et C21, C4, C44, et, d'autre part, par la lignée inspirée du Contax I, à savoir les modèles C, C2, C3, C33 et autres Autronics.
C'est ainsi que je perçois la production de la marque, deux catégories d'appareils, bien différentes, dont les appélations sont quelquefois troublantes (C21 issu des A ...).

Aprés avoir vu les différentes variantes du C3, nous allons voir ici les trois premiers modèles illustrant cette nouvelle génération.

Les deux premiers, lancés en même temps, juste avant que les Etats-Unis n'entrent en guerre, furent les premiers appareils Argus tout en métal. Aucun ne devaient survivre au conflit. Le troisième, héritat de l'expérience d'Argus durant la guerre, lors de la fabrication de matériel militaire.

Argus CC, ColorCamera (1940-1942) :






Cet appareil, vendu 25 $, fut présenté comme " un appareil entièrement nouveau et révolutionnaire, spécialement conçu pour la photographie en couleur"...
Il se distinguait clairement du modèle A d'origine, en renonçant à la bakélite, en adoptant un chassis en métal moulé, recouvert de simili-cuir. Mais, comme mentionné plus haut, en s'inspirant toujours, et même plus encore, du Leica I. Les parties métalliques visibles étaient joliment satinées. L'ensemble de l'appareil adoptait la ligne "streamline" (que l'on pourrait traduire par "fluide"), trés en vogue à l'époque, dont même les locomotives à vapeur étaient dotées . Raymond Loewy, à qui l'on doit, entres-autres, l'Ansco vert et gris, était un maitre du style, mais c'est une autre histoire ....




Pour conserver ce style, le CC adopta des boutons de rembobinage parfaitement intégré à la carrosserie, mais redoutables pour les ongles !
L'objectif était un triplet 50 mm, ouvrant à f:/4. Le principe de l'objectif rétractable est hérité de l'Argus A, la mise au point s'effectuant à l'aide d'une commande latérale. L'obturateur central, dans l'objecetif, offrait des vitesses du 1/25 s au 1/150 s, plus les poses B et T. Il n'était pas synchronisé avec l'avancement du film.
La force de ce modèle était une cellule photoélectrique, visée sur l'appareil. Elle était fabriquée par une "grande marque nationale" comme disais la documentation, sans plus de détail...


L'aiguille pointait vers un numéro, qu'il suffisait de reporter sur le disque "calculateur", ornant le dos. Les ouvertures et vitesses étaient indiquées en regard de repères, en fonction de la sensibilité. Les films couleurs de l'époque ayant besoin d'une exposition plus préçise que leurs frères noir & blanc, elle était l'argument de vente et la raison de son nom.
Une version militaire, noire, équipé d'un objectif ouvrant à f:/4.5, était livré sans cellule. Inutile de dire que celle-ci est introuvable aujourd'hui.



Argus A3 (1940-1942):

Ce modèle était identique au précédent, sans la cellule photoélectrique, mais seulement avec cellule à extinction. Finalement, sans cette cellule, la ligne était encore plus élégante, beaucoup plus proche du style steamline !
Le viseur était décalé, de manière à laisser la place à une griffe porte-accessoire. Vendu seulement 15 $, il était une alternative "bon marché" au CC.







Argus 21, Markfinder (1947-1952) :



Ce troisième appareil utilisait le corps des deux premiers, mais bénéficiait des technologies développées par Argus lors de la guerre, en fabriquant du matériel militaire. En particulier les dispositifs de visée. C'est ainsi que le viseur comportait un cadre et d'une croix en surbrillance, sensé aider à la composition.
Quant à l'objectif, un 50 mm F:/3.5, il était dévissable. Non pas interchangeable, car aucun autre ne fut jamais fabriqué. Il pouvait en fait équiper les agrandisseurs, qu'Argus fabriquait aussi. De quoi faire l'économie d'un objectif en somme.
L'obturateur délivrait 5 vitesses, plus la pose. Il était du type "à lamelle", et disposé derrière l'objectif, comme le C3, bien que le système d'actionnement était complètement différent. Il fut aussi le premier Argus à disposer d'un verrouillage du déclenchement, couplé à l'avancement du film, pour éviter les doubles expositions.
Il inaugurat le système "Colormatic", permettant, en choisissant des repères de couleur pour les vitesse/ouverture/distance, d'avoir un réglage adéquat. Par exemple les réglages à f:/8, 1/100 s et 15 pieds, repérés en rouge permettaient une exposition correcte par un jour ensoleillé... Ce système fut étendu à tous les autres modèles suivant, C3, C4, C Twenty etc ...

Il n'y avait pas de télémètre (comme dans les CC et A3). Synchronisé pour les ampoules moyennes (M) et rapides (F, pour Fast).
Environ 65000 Modèles 21 furent fabriqués. Sur les premiers 20000, le cabestan entrainant le compteur n'était pas couplé à la bobine réceptrice, ce qui rendait l'armement difficile, surtout en fin de bobine. Les derniers furent équipés d'un couplage. Quant à la synchronisation du flash, les 60000 premiers disposaient d'un sélecteur M/F placé sur le dessus de l'appareil, alors que les suivant l'avaient sur l'arrière du capot. C'est d'ailleurs à cet endroit qu'il était placé sur le modèle C4 qui vint par la suite....
Un détail interessant. Le dos du CC avait sa cuirette découpée pour recevoir le disque calculateur. Sur le 21, cet emplacement était toujours là, recouvert d'un cercle de cuirette noire ! Le dos du CC continua donc sa carrière à l'arrière des autres !!!

lundi, novembre 07, 2005

LES VARIANTES DU C3 ….

Première variante, 1939-1940 :


Le premier Argus C3 était virtuellement identique au C2, excepté pour sa capacité à synchroniser un flash. Et aussi pour sa gamme de vitesses, qui était repassée à 10, comme sur la première version du C2 …
Le levier d’armement et le compteur de vues demeuraient en métal, le dos étaient vissé à l’aide de 10 vis, le disque mémo ornant le dos était gradué en Weston et les œilletons étaient cerclés de métal. L’objectif n’était pas traité. Les ouvertures sont repérées à « l’ancienne mode », soit 3.5, 4.5, 6.3, 9, 12.7 et 18.


Deuxième variante, 1940-1942 :

1940 : « IRC » (International Research Corporation) est rebaptisé en « International Industries, Incorporated ».
1941 : « International Industries, Incorporated », devient « Argus Incorporated ».
Seule différence, sa gamme de vitesses qui devient celle de la deuxième version du C2, soit 7 vitesses. Ce fut le dernier type de C3 produit avant le début de la seconde guerre mondiale. Les rumeurs de C3 vert olive ne sont pas vérifiables, la production reprit en 1945 avec une énorme commande de l’armée pour son réseau de magasins « PX ».

Septembre 1943 :
Mort de Charles Verschoor, à Ann Harbor.

Troisième variante, Juste après guerre-début 1948 :

L’objectif est désormais traité, et les ouvertures sont repérées 3.5, 4, 5.6, 8, 11 et 16. Le levier d’armement est désormais noir.



Quatrième variante, 1948-1950 :

Au début de 1947, l’industrie photographique Américaine commença à changer le mode de mesure de sensibilité des films, passant des anciens degré Weston à la nouvelle norme ASA (American Standart Association). En 1948, les ASA avaient fait disparaître les degrés Weston. Le C3 quatrième variante adopta donc un cercle mémo exprimé en ASA. A part cela, pas de différence avec le précédent.


Cinquième variante, 1950-1954 :

Le nom ARGUS est désormais affiché sur la façade de l’appareil, sous le levier d’armement. Le compteur de vues est en plastique noir, la charnière du dos ne comporte désormais que 8 vis.


Sixième variante, 1955-1956 :

Cette variante vit apparaître le système « Colormatic », dans lequel vitesse, ouverture et distance sont codés avec des couleurs. Une plaque expliquant le principe est collée à l’intérieur du rabat de la housse. Par exemple, pour des photos d’extérieur, avec un film couleur, il suffisait d’aligner les trois réglages sur la couleur jaune. Avec un film noir & blanc, il fallait choisir la couleur rouge. Et enfin pour l’utilisation avec un flash, les repères vert assuraient une exposition correcte.
Rappelons que les gammes de films offrent peu de sensibilités différentes, d’où les indications « pour la couleur » et « pour le noir & blanc ».
La gamme de vitesse est passée à 5, réparties de manière non régulière sur le disque.
Autre différence, le disque mémo disparaît du dos qui garde ses trois bandes de cuirette.
19 Septembre 1956 : Sylvania annonce qu’il est intéressé par l’achat d’ARGUS.


Septième variante, 1957-1958 :
1957 : « Argus Incorporated » devient « The Argus Division of Sylvania Electric Products, Inc. ».

Cette variante conserve le système Colormatic, mais cette fois les 5 vitesses sont régulièrement réparties sur le sélecteur. Un griffe porte accessoire est ajoutée, obligeant à décaler le petit disque de renfort du télémètre vers la droite (appareil de face). L’enjoliveur masquant l’engrenage entre télémètre et objectif diminue de diamètre (Ceci pour faciliter le démontage des optiques).


Huitième variantes, 1958-1966 :

En 1958, le C3 subit ses plus grosses modifications, quoique surtout cosmétiques. Sylvania Electric était désormais propriétaire de la marque.
Les système de Colormatic était conservé sur cette version, mais l’ensemble présentait une nouvelle ligne. Les sélecteur de vitesse, du télémètre furent redessinés. L’objectif complètement refait, était plus moderne. Le déclencheur devenait plat et plus gros, un peu comme le champignon des C et premiers C2. Le levier d’armement, en métal noir, prenait la forme d’une goutte d’eau stylisée. La charnière était désormais peinte en noir. Le dos perdait ses trois bandes pour être uniformément noir. Et enfin, le nom de ce « nouvel » appareil était : « Standart ».


Dans le même temps, une autre version était mise en vente, inaugurant un nouveau système, cette fois basé sur une indication fournie par une cellule dédiée. Ces indications, en fait des EV, devaient être reportées sur le sélecteur de vitesses et la bague des diaphragmes, afin d’avoir une exposition correcte. Plus de vitesses en millième de seconde ou d’ouverture en f:/, mais un chiffre, donnée par cette indispensable cellule, dénommée LC-3. Par ailleurs, l’appareil étaient identique au Standart, mais traité en deux couleurs, beige et noir. Son levier d‘armement était chromé. Seule la bande comprenant les viseurs étaient garnie de cuirette noire (au grain plus fin que les précédents C3), le reste étant en cuirette beige, dos en une pièce compris. Ce fut donc le « Match-Matic » .





Neuvième variante, 1958 :


Gardons le plus rare pour la fin : le GoldenShield !!
Ce rare spécimen était un Match-Matic habillé de mille feux.
Il est recouvert de « Mylar », une fibre synthétique argentée, révolutionnaire, découverte par la firme Américaine « Dupont de Nemours ».
Cela lui donne des airs de cosmonaute !
Un blason orange aux armes de la firme « Golden Shield » est situé sous le levier d’armement. La firme « Golden Shield Corporation » établie à Great Neck (New-York), apposait ce logo sur les appareils pour les vendre dans des magasins comme les bijouteries ou les pharmacies !!! On ignore combien furent vendus, et pendant combien de temps ils furent disponibles. Mystère total ! Si vous en croisez un, n’hésitez pas, même s’il est très cher !!! Le prix moyen aujourd’hui est, d’environ 250 US $….

Nous allons ensuite reprendre le cours chronologique des choses, nous nous sommes un peu égarés avec cette saga du C3 !!

dimanche, novembre 06, 2005

LA FAMILLE S’AGRANDIT ….


Dés 1937, ARGUS lançait une évolution du modèle A. Ce fut l’AF. 



Ceci pour corriger un manque évident du A, à savoir la mise au point. Cela rapprochait (un peu) l’appareil de son modèle, à savoir le Leica I.
Une monture permettant la mise au point de 45 cm à l’infini était donc montée sur l’appareil, par ailleurs identique à son prédécesseur. Il fut fabriqué durant deux ans.
Le modèle B, qui n’existât qu’en 1937, n’était différent que par son objectif, un 50 mm f:/2.9, fabriqué en France par Gauthier. L’optique était montée sur un obturateur Allemand Prontor II offrant 8 vitesses et même, un retardateur. Une mise au point équipait l’ensemble. Il en fût fabriqué moins de 1000, ce qui fait de lui, l’un des plus rares appareils de la marque.

L'Argus Type "C" :


1938 est une année à retenir dans cette histoire. En effet, IRC présentât le modèle C. Dessiné par Gustave Fassin, comme le A, il allait changer le paysage photographique Américain. On peut dire qu’il est le plus populaire de tous les appareils photographiques Américains. Si l’Argus A fût « l’écho » du Leica, le modèle C fût celui d’un autre appareil Allemand.

Cliquez sur ce lien : http://www.cameraquest.com/zconrf1.htm , pour connaître celui qui inspirât le fameux « C » !

C’est une évidence, n’est-ce pas ? L'origine de Gustave Fassin explique-t-elle cette influence ?
Un article du mois de mai du magazine « Everyday Photography » le présentait
comme : « le plus sensationnel appareil de l’année… Une pièce maîtresse de par sa construction et sa technologie. De plus un appareil 100% Américain ».
Constitué d’un « noyau » massif de bakélite recouvert à l’avant et à l’arrière par deux plaques métalliques, constituant façade et dos, il était extrêmement solide. Son poids, important et sa forme lui valurent le surnom de « brick », qu’il gardera tout au long de sa carrière de 27 ans !

Pour un prix plus que raisonnable de 25 US$ (comparé aux 168 US$ de l’Allemand dont il était l’écho) il offrait de nombreuses possibilités pour le photographe passionné. Il était doté d’un télémètre, non couplé à l’objectif, l’opérateur devait déterminer la distance par superposition de l’image, puis la reporter sur l’objectif.
L’autre innovation était l’obturateur monté dans le boîtier, couvrant les vitesses 1/5ème s à 1/300ème s, plus pose B. Les optiques étaient de ce fait, plus simples et moins chères. La première version comportait en façade un commutateur permettant de sélectionner les vitesses basses et hautes. Celles-ci étaient gravées concentriquement sur le sélecteur de vitesses. L’objectif était un 50mm f:/3.5, interchangeable. Notons toutefois qu’aucun autre objectif ne fut disponible avant le début des années 50 ! Si ce n’est l’anecdotique Bausch & Lomb 75mm f:/5.6, qui coûtait 150% le prix du C !
Les sociétés Bausch & Lomb, Ilex et Graf fournissaient les 50mm pour le modèle C, jusqu’à ce qu’IRC ne rachète Graf en 1938 pour devenir fabriquant de ses propres objectifs.
Environ 1000 exemplaires de ce modèle furent envoyés au revendeurs pour qu’ils les « testent » sur la clientèle, avec l’ordre de ne pas les vendre ! Ce fut un succès, à quelques détails prés dont le sélecteur de vitesse qui compliquait la manipulation et compromettait la fiabilité. IRC redessina le mécanisme
d’obturateur et supprima le levier sur une deuxième version.
A la mi-1938 la production de la deuxième version était à son maximum et les revendeurs purent vendre les premiers 1000 exemplaires. Ils sont désormais rarissimes ! La deuxième version fut produite jusqu’en 1939.



Vers la fin de l’année 1938, IRC introduisit son C2.




Pratiquement identique au C, il présentait extérieurement un mécanisme couplant le télémètre à l’objectif. Un
couvercle métallique avait été ajouté sur le capot du télémètre, afin de le rigidifier (le C souffrait d’un décalage du télémètre chronique). A part cela tout était pareil. Il gardait les 10 vitesses, le déclencheur « champignon », le levier d’armement chromé, le compteur de vues métallique, le dos vissé à l’aide de 10 vis et ses trois bandes de « cuirette ».



A cette période, Charles Verschoor, décidément plus habile en marketing qu’en gestion financière, fût « débarqué » de son poste par les autres actionnaires. En effet, malgré les rentrées d’argent importantes générées par le succès des Argus A et C, l’argent manquait toujours à Ann Arbor !
Robert D.Hoxse, l’un des autres fondateurs, fut promu président d’IRC. Charles Verschoor pris la direction de la « Electronic Products Manufacturing Corporation », établie aussi à Ann Harbor.
En 1939, IRC introduisit sa deuxième version de C2. Le déclencheur changea de forme pour adopter celle « à étages », les vitesses passèrent de 10 à 7 avec l’élimination des 1/5, 1/75 et 1/150ème s. Le dos garda ses trois bandes de cuirette, mais fut doté d’un disque mémo, permettant d’afficher la sensibilité du film utilisé. Cette sensibilité étaient exprimée en degrés Weston, qui restaient encore pour quelques années, la référence. Les fenêtres de visée et du télémètre étaient toujours cerclées de métal.
Cette même année vit apparaître le C3, encore une évolution du C…



Cette fois cet appareils simple, quoique évolué pour l’époque devint la signature d’IRC, et établit définitivement sa réputation.
Le C3 était virtuellement identique au C2, sauf qu’il était doté d’une synchronisation pour permettre les photos au flash. Il fut vendu 30 US$ avec son flash dédié. Durant les 27 années qui suivirent, il fut l’appareil le plus vendu aux U.S.A., avec presque 3 millions d’exemplaires !
Plusieurs évolutions verront le jour, sans altérer vraiment l’idée de départ. C’est ce que nous verrons une prochaine fois….

dimanche, juillet 31, 2005

LA BONNE IDEE !

Il décida de concevoir un appareil basé sur le principe du Leica, mais vendu un prix raisonnable. Il chargea son équipe d'ingénieurs d'en dessiner un. Le « père » du premier modèle s'appelait Gustave FASSIN. Il faut noter que son nom n'apparaît nulle part, seul celui de Verschoor est cité sur le brevet...

Ce premier appareil est né en mai 1936, et fût baptisé « ARGUS ». Il était prévu pour utiliser la nouvelle cartouche 35 mm permettant de charger le film en plein jour. Cette cartouche avait été lancée par Kodak en 1934, en même temps que le Kodak Retina. Ce Retina était vendu 52,50 US$, ce qui était une grosse somme, dans ces dures années de récession.
La nouvelle cartouche pouvait être rechargée en chambre noire avec les
chutes de films cinéma, disponibles pour pas cher et en grande quantité à cette époque. Le premier film Kodak Couleur fût le Kodachrome, seulement disponible dans ce format. Ce simple film propulsa le 24x36 mm à une vitesse fulgurante sur le marché Américain. La symbiose de l'appareil ARGUS et du film Kodak 35 mm dopa finalement les deux compagnies.

L'Argus A, tel était désigné le premier modèle, était aussi simple qu'il pouvait l'être. Les ingénieurs de la firme maîtrisaient parfaitement le moulage de la bakélite et utilisèrent cette maîtrise à fond, dans le design du boiter, tout en rondeurs, avec un simple motif Art-déco sur son dos en aluminium embouti.

Il fût proposé au public au tout début de 1936 pour la somme dérisoire de 12,50 US$, à comparer au prix du Leica qui inspira M. Verschoor... Ce fût une véritable ruée sur cet appareil !

IRC déclara plus tard qu'il en fût vendu 30000 exemplaires lors de la première semaine... On peut affirmer aujourd'hui, qu'il a popularisé la photographie, et pas seulement aux U.S.A.. Certains pensent même que, sans lui, il n'y aurait peut-être pas eu d'appareils 35 mm pour amateurs ...

Parallèlement à cette activité, IRC continua à améliorer sa « Kadette ». Et à baisser son prix !
Cela a peut-être été une erreur ! En effet, à force de la vendre toujours moins chère (tout en gagnant de l'argent !), les revendeurs se mirent à bouder cette marque, qui ne leur laissait pas de marge assez confortable...

Charles Verschoor revendît alors son activité radio et le nom de « kadette » à W. Keene Jackson, en 1939. Ce fût une sage décision, puisque rapidement la « Kadette Radio Corp », dût cesser son activité...

Alors que IRC continuait à gagner beaucoup d'argent avec son Argus A ! IRC signifiait d'ailleurs maintenant « International Research Corporation » et non plus « International Radio Corporation » !


Décrivons un peu plus ce miracle. Simple, ultra simple même, son boitier en bakélite moulé avec son dos en aluminium embouti, simplement emboité sur à l'arrière. Un viseur optique permettait le cadrage, tandis que l'objectif était sortant, aidé par un ressort. Ce principe valût d'ailleurs un récompense à M. Verschoor... Il permettait de rendre plus compact encore l'appareil, une fois l'objectif rentré dans le boitier, et permettait vraiment de tenir dans une poche ! Réglage du diaphragme et de la vitesse, bouton d'armement et de rembobinage, compteur de vue, et c'est TOUT !


L'objectif était du type Anastigmat en trois éléments ouvrant à f/4.5. La formule était connue, mais très performante (elle l'est d'ailleurs toujours, preuve que Karl Zeiss, son inventeur, avait eu « bon » dés le départ !). Les éléments frontaux pouvaient être facilement démontés pour être nettoyés (!). L'obturateur était un Ilex-Precise armé par un petit levier sur le coté de l'objectif. Les vitesses étaient 1/25, 1/50, 1/100, 1/200, pose B et pose T. Un luxe par rapport aux Kodak Brownies et Univex A !! La bakélite fût rapidement proposée en Gris, Marron et Kaki, en plus du noir naturel. Le motif Art-déco du début était réellement embouti dans l'aluminium, et ensuite surligné à la peinture noire. La seule faiblesse de ce premier Argus était qu'il ne disposait pratiquement pas de mise au point. En fait, lorsque l'objectif était sorti, les objets étaient nets de 15 pieds (4,5 m environ) à l'infini. En tournant l'optique de 60 degrés, il sortait un tout petit peu plus, et le point était alors entre 8 pieds (2,4 m) et 15 pieds. Les deux « crans » étaient parfois difficiles à trouver...
Le modèle A fût produit de 1936 à 1941. Il existât sept versions différentes, jusqu'à son extinction, en 1951. Plus de 210.000 Type A furent vendus, et en comptant toutes les versions dérivées, on parvient au chiffre incroyable d'un demi-million !

Caractéristiques du modèle A :

  • Produit de 1936 à 1941.
  • Prix de vente (à l'époque) : 12,50 US$. Soit environ 160 US$ d'aujourd'hui.
  • Obturateur : Ilex Precise, disposant de 1/200, 1/100, 1/50, 1/25, B, T
  • Ouverture : f/4.5

Numéros de série par années (approximations) Le numéro est inscrit au-dessus de la fenêtre d'exposition :

  • 1936 de 1 037 à 50 000
  • 1937 de 50 000 à 90 000
  • 1938 de 90 000 à 130 000
  • 1939 de 130 000 à 160 000
  • 1940 de 160 000 à 190 000
  • 1941 de 190 000 à 211 589

  • Marquages sur l'optique : Argus Ilex Precise 1936-1941, Argus IRC Anastigmat 1937-1941, Argus IRC 1941.
  • Axe d'entrainement en cuivre à simple dentition 1936-1937, double dentition en aluminium 1937-1941
  • Filetage trépied à partir de fin 1936.

Viendront ensuite les modèles AF, B, A2B, A2F,AA, FA.

Ils feront l'objet des pages suivantes....

dimanche, juin 26, 2005

ARGUS, APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES AMERICAINS...


Ce petit blog, mon premier, a la prétention de vouloir vous présenter une marque d'appareils photographiques plutôt méconnue en Europe, ARGUS. Injustement méconnue d'ailleurs, car les appareils ARGUS étaient autrement plus perfectionnés que les KODAK de la même époque. KODAK a simplement investit plus en publicité, et ceci de manière mondiale !
Aujourd'hui un ARGUS de plus de 50 ans est largement capable de faire des photos, je le vérifie régulièrement. Ces machines pûrement mécaniques étaient simples, solides, réparables. En un mot "Américaines" !
Mais entrons dans le vif du sujet :



AU DEBUT ETAIENT LES RADIOS ....


Les origines :


L'idée d'un appareil photographique utilisant le film cinématographique de 35 mm de large date du début des années 20. C'est effectivement Oscar Barnack, de la société E.Leitz qui conçut un appareil petit, léger, fiable et de grande qualité, utilisant ce format. L'appareil, le Leica I, fût présenté à la Foire de Leipzig en 1925. Ce fût un choc pour le monde des photographes de l'époque. Parsemé de boutons, disques et autres leviers, cela ne ressemblait à rien de ce qui se faisait. Les appareils courants étaient en effet de grosses chambres encombrantes dont le format minimum était 9x12 cm !! Le Leica, quant à lui, tenait dans une poche !
Mais, son gros handicap était le prix. De l'ordre de 200 $, ce qui lui interdisait une grande diffusion.

Au début des années 30, cette curiosité Européenne attira l'attention de Charles A. Verschoor, un homme d'affaire Américain, lors d'un de ses voyages en Europe.

Cet homme avait créé la société « International Radio Corporation » en 1931, et fabriquait des radios. Son usine était située à Ann Arbor , dans l'état du Michigan (à 45 miles à l'ouest de Detroit, la capitale de l'automobile).
Un de ses premiers modèle fut la « Kadette ». Une petite radio fonctionnant aussi bien sur courant continu qu'alternatif, et ceci sans transformateur. Il faut préçiser qu'a l'époque, les foyers Américains étaient alimentés curieusement par les deux types de courant électrique, d'où l'intérêt de la formule !

Elle était révolutionnaire aussi du point de vue esthétique, étant fabriquée en bakélite(1), matière relativement nouvelle à l'époque pour les radios.


Revenons à notre Kadette. Elle était moulée par la société Chicago Molded Products Co. pour IRC. Elle connût un immense succès dès le départ, rapportant beaucoup d'argent à M. Verschoor. Mais un problème se posait à M. Verschoor: l'optimisation de la production. En effet, aux Etats-Unis à cette époque, la vente de radios était très liée à la météo. C'était bien avant l'invention de l'air conditionné et dés les premiers beaux jours, les Américains passaient tout leurs loisirs à l'extérieur, n'allumant plus la radio qu'ils avaient écouté tout au long des durs mois hiver. Les radios ne se vendaient donc que durant la période la moins clémente de l'année. Il fallait que M. Verschoor trouve un moyen d'occuper ses ouvriers durant les mois les plus chauds... Avec un produit facile à fabriquer, vendu à bas prix et utilisable quand le soleil était là !

L'Amérique commençait tout juste à pratiquer la photographie amateur, mais à l'aide d'appareils « box », genre Kodak Brownie ou Univex A, aux performances moyennes. C'est alors que M. Verschoor repensa à son voyage en Allemagne...

(1) Bakélite :
Mise au point par Léo BEAKELAND. Ce belge d'origine, fils de cordonnier, quitte Gand pour New-York, où il est embauché comme chimiste. En 1893, il met au point un papier pour le tirage photographique. La photographie étaient en effet sa passion (en plus de la chimie, bien sûr). Ce papier appelé VELOX, était révolutionnaire et se développait en lumière artificielle. KODAK, grand dénicheur de bonnes idées, lui racheta le brevet plusieurs millions de dollars ! Léo, désormais riche, rentre en Belgique, et peut alors reprendre ses expériences sans souçis de rentabilité... En 1906, il obtient un mélange synthétique, résistant aux solvants et à la chaleur. Il l'obtient par condensation du phénol avec le formol. La couleur obtenue est le noir. L'inventeur baptise sa découverte d'un nom inspiré du sien, "Bakélite". Cette découverte révolutionnera l'industrie. La bakélite est en effet facile à mouler suivant toutes les formes, est un isolant électrique excellent et résiste à la température. Son seul défaut est d'être cassante, bien que solide.
Notons que tous les fabricants de TSF parviennent à produire des produits dérivés qui permettent quelques nuances de couleurs, limitées. La marque Philips mit d'ailleurs au point un dérivé qu'elle baptisa "Phillite"...